(auto)Biographie

  " Lyserg Säure ! " voilà comment un Islandais accueillit mon arrivée sur terre, voilà quelques années. En fait d'Islandais c'était un immigré suédois installé ici pour goûter à une solitude qu'il pensait méritée. Lyserg Säure devenus par la suite de simples éléments patronymiques, furent, au début, les seuls mots que je suis parvenu à comprendre et à répéter, la prononciation terrienne étant pour moi une manière tellement primitive de s'exprimer, vous pouvez comparer avec mon harmonieuse langue natale.

Jonas, mon ami suédo-islandais, parvint, au terme de longues semaines, à m'inculquer des bases en anglais " ça sera plus facile si tu veux conquérir la terre, c'est une langue internationale ", le suédois ne lui servait que pour de rares interjections (Sjutton ! Din luckas ost !) c'est plus tard, en Laponie que j'eus une approche plus concrète de sa langue mélangée à celle des Samis. Jonas m'apprit également l'histoire récente de votre civilisation et, notamment, que mon vaisseau s'était posé à l'endroit exact où les Américains avaient filmé l'alunissage de 1969.

La NASA nous connait, depuis longtemps. Mes congénères et moi, lui avons même demandé de détruire Mars Explorer lorsque de trop tangibles preuves de notre existence risquaient d'être diffusées. Nous surveillons toutes vos découvertes à la loupe, la photo d'une des seules traces extérieures de notre présence martienne, prise par l'orbiter Viking 1 le 25 juillet 1976, que vous nommez Cydonia Face, aurait pu nous coûter notre discretion.

 

  Là encore nos linguistes ont pu négocier une excuse avec vous. Mais maintenant je pense que vous êtes prêts à connaître la vérité.
  Je ne suis pas Martien, mais durant moins d'un siècle mon peuple et moi avons résidé sur Mars. A notre arrivée, nos prédecesseurs coloniaux avaient laisser les traces que Giovanni Schiaparelli et Percival Lowell avaient répertoriées, notre premier travail fut de les effacer au profit de Cydonia Face et de trois pyramides dans l'Elysium Planitia, nos observatoires.
 

 
  Nous résidions juste sous Cerbère, la tache sombre du bas de l'image.  
     
  Aujourd'hui, depuis octobre 1981, nous sommes tous sur terre, plus ou moins intégrés. Pour ma part, après un an passé en Islande, sans trop de problèmes grâce à Jonas et à la densité démographique de l'île, je me suis dirigé vers la Laponie suédoise, j'y suis resté le temps de bien comprendre les moeurs terriennes, de m'accoutumer à votre faible développement technologique, puis j'ai traversé l'europe jusqu'en France où je réside désormais.

Le but de ce site, outre l'émancipation de vos connaissances par une exobiologie expérimentale, est d'ouvrir votre horizon culturel. Notre degré d'avancement est tel que nous devenons, mon peuple et moi, l'espèce la plus développée de votre planète. Les évidentes incompatibilités génétiques ont pu être surmontées et certains d'entre nous ont déjà enfanté une descendance au physique terrien mais dont l'intelligence est propre à notre espèce. Nous sommes parmi vous, faites le calcul : nos premiers enfants sont nés deux ans après notre arrivée, ils vont bientôt prendre le contrôle de votre monde. Mais eux ils ont la chance d'avoir une apparence normale, moi, non. Je me sens donc obligé de dévoiler la vérité car le silence ne sera plus jamais, plus jamais toléré, pour citer un groupe de poètes français. Enfin toléré par moi, je m'ennuis, je vis reclus, caché, je ne sors que la nuit. C'est pas une vie ! Et puis j'ai quasiment jamais de nouvelles de mon peuple, parfois une petite transmission de pensée, mais c'est tout. Je ne les ai pas vu depuis des lustres, les événements que je relate juste avant ne sont que des on-dit télépathiques, moi aussi je veux les voir, nos enfants hybrides.

Alors habituez-vous à mon visage, acceptez-le, je veux sortir au grand jour !

 

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Un peu de nostalgie : la partie de la galaxie M31 d'où nous venons